Dissertation 1En 1933, Marlant, auteur du livre La Condition humaine gagne le prix Goncourt pour ce roman. Cela montre bien l’importance de la littérature dans la réflexion de l’Homme et de son évolution. On découvre alors grâce à la littérature la réponse à toutes les questions de l’Homme, que se pose aussi l’écrivain « Pourquoi vit-on?? », « Pourquoi meurt-on?? ». C’est ainsi que se comprend l’importance de la littérature dans la problématique humaine mais aussi la place importante que l’Homme occupe au sein de la littérature, car celle-ci permet de répondre aux peurs humaines. Dans quelle mesure la littérature est-elle vraiment propice à raisonner les lecteurs sur le comportement humain??Dans un premier temps, nous nous attacherons à voir l’efficacité de littérature pour convaincre l’Homme, puis nous verrons en quoi la littérature peut persuader l’Homme, et pour finir quelles sont les limites de cette réflexion. Tout d’abord, voyons en quoi l’argumentation directe permet à la littérature de convaincre le lecteur. L’argumentation directe permet de parler de la logique de l’Homme, de pouvoir communiquer, échanger avec son intelligence et de faire apparaître en lui la réflexion, c’est grâce à ces moyens de la littérature que l’auteur pourra convaincre. En premier lieu, voyons les genres de l’argumentation directe. L’essai, le traité et le discours en font partie, ils traitent le sujet de façon méthodique pour mettre en valeur la thèse. Montaigne est l’écrivain qui a lancé l’utilisation de l’essai avec l’œuvre très connu Essais écrite en 1580, mais aussi les articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Dès l’Antiquité, nous pouvons apercevoir l’importance de l’argumentation directe avec les dialogues de Platon qui nous font penser à des discours. Quand il met en scène Aristote pour défendre ses idées et questionner les autres. Ce qui lui permet de remettre en question le monde et les croyances, et surtout, de faire réfléchir les Hommes sur les conditions humaines. C’est aussi au Siècle des Lumières, principalement, que les écrivains et les philosophes utilisent l’argumentation directe dans leurs textes. Comme Rousseau et l’Émile ou de l’Éducation ou encore Montesquieu, avec L’Esprit des lois. Mais aussi les humanistes vont remettre en question les conditions humaines avec la lettre de Gargantua à son fils, Pantagruel, en 1532, ou le père souhaite établir une nouvelle éducation pour l’Homme. Ensuite, nous découvrons l’importance du registre didactique pour former une démonstration rigoureuse et établir un raisonnement pour le lecteur. La logique utilisée va permettre de mettre en valeur des causes et des conséquences très utilisées dans les mathématiques. Par exemple dans les Pensées, de Pascale ou le raisonnement est basé sur deux infinis différents, l’infiniment grand et l’infiniment petit mais aussi dans l’inspiration de démonstration scientifique comme le fait Montaigne dans l’Essai et encore dans la lettre de Gargantua avec l’utilisation du présent de vérité générale et de la place de l’Homme au cœur des connaissances, de la pratique et des expérimentations. L’inspiration peut provenir aussi de la biologie comme le fait Roland dans Pensées d’un biologiste, puisqu’il va prédire l’avenir de l’Homme en citant ses connaissances sur l’évolution des espèces. Enfin, la démonstration par le registre didactique permet de convaincre efficacement le lecteur en imitant les sciences pures. Ainsi, pour mieux faire raisonner le lecteur, l’écrivain peut l’impliquer dans son récit grâce à l’argumentation directe. C’est ainsi que Montaigne dans Essai utilise son expérience personnelle, sur ce qu’il a vécu en disant : « Je suis moi-même la matière de mon livre ». Mais aussi dans Mme Bovary où Flaubert utilise une information qu’il a lue dans les faits divers pour s’inspirer et écrire son livre. Pour cela, l’auteur va aller jusqu’à parler directement au lecteur pour pouvoir l’impliquer. Ce que fait Montaigne dans Apologie de Raymond Sebond en utilisant des questions rhétoriques et des apostrophes comme le fait aussi Rostand. Mais nous allons voir que la littérature ne permet pas simplement de convaincre le lecteur, elle peut aussi le persuader. Pour résonner le lecteur sur les conditions humaines, différents genres de la littérature vont pouvoir être utilisés afin de persuader le lecteur. Parler de persuasion signifie toucher aux émotions du public et à sa sensibilité, pour pouvoir l’émouvoir. L’apologue et le roman sont des genres de l’argumentation indirecte. Ils mettent en scène des personnages et situations variées pour confronter le lecteur à différentes personnalités et à différents lieux. Pour permettre de faire voyager l’Homme, et qu’il s’identifie à d’autres Hommes. Nous pouvons alors constater aussi l’utilisation des contes philosophiques principalement par Voltaire avec Candide ou l’Optimisme, qui attaque l’injustice et l’intolérance tout en restant amusant, ou encore Zadig ou la destinée, qui montre comment la science mène à la vérité. Les apologues divertissent le lecteur tout en restant sérieux. Puis le roman est un genre qui peut avoir un fort impact émotionnel en dénonçant des conditions difficiles, comme la fameuse série de Zola avec les Rougons Macquart ou encore Les Misérables de Victor Hugo qui représente la misère des plus pauvres et le succès des plus riches. Mais encore, les fables de La Fontaine, très connue pour leur argumentation indirecte, amusent le public en se moquant, mais font aussi réfléchir sur la situation d’un peuple. Le Gland et la Citrouille, nous montre par exemple, comment l’Homme peut être prétentieux, mais se rendre compte qu’il y a des choses plus grandes que lui. Tous ces genres de l’argumentation indirecte parlent à l’imagination du lecteur et peuvent s’adresser à un public plus large.Ensuite, un moyen très efficace pour persuader est le dialogue, car il permet de confronter deux personnages et donc forcément deux idées. Évidemment, en parlant de dialogue on peut citer le théâtre en premier lieu, les auteurs peuvent alors faire incarner des idées à leurs personnages. Entre autres Andromaque qui représente la fidélité dans la pièce Andromaque, de Jean Racine. C’est aussi dans le théâtre de l’absurde qui traite le sujet de la condition humaine avec des écrivains qui abordent le sujet de la mort et de l’impossibilité de lui donner un sens, par exemple En attendant Godot, de Beckett. Mais l’on peut trouver aussi des dialogues dans d’autres genres, tel que les romans épistolaires, les idées sont confrontées dans Les Lettres persanes, de Montesquieu où un lecteur occidental voit ses mœurs et ses habitudes critiquées par un Perse.Terminons alors avec l’émotion transmise grâce à la poésie et par son exaltation du monde. Le poète est un homme très proche de son lecteur, il utilise ces émotions et son vécu pour rédiger ses œuvres. Victor Hugo qui dit alors « Quand je vous parle de moi je vous parle de vous ». La poésie est un genre qui provoque des émotions par des images et des symboles pour traiter des sujets comme l’amour avec La courbe de tes yeux d’Éluard ou encore la guerre avec Le dormeur du Val de Rimbaud, mais aussi la mort avec Les Contemplations de Victor Hugo. C’est avec des textes courts qu’elle va traiter les sentiments et les problèmes de l’humanité. Mais elle fait aussi réfléchir puisqu’elle défend, réclame justice, ou encore, elle résiste comme Strophes pour se souvenir d’Aragon. La littérature est donc un moyen efficace pour persuader puisqu’elle permet la réflexion et provoque des émotions. Mais, elle détient tout de même des limites. Enfin, voyons en quoi la littérature a aussi ses propres limites par rapport à la réflexion. De nos jours, même si les gens continuent de lire ils restent principalement plus marqués par les images qui les entourent que par les textes. Ce qui rend alors certaines œuvres trop obscures et trop complexes. Les images ont remplacé les mots. Le lecteur contemporain ne comprend plus certaines références de la littérature, le vocabulaire n’est plus intégré, ou encore la syntaxe trop complexe. On peut voir dans les textes de Voltaire par exemple, certaines touches d’ironie qui nécessitent du recul pour être comprises que certains lecteurs ne prennent pas et donc interprètent mal.Puis, pour terminer, il ne faut pas interpréter la littérature comme un but, mais plutôt comme un moyen. Les écrivains choisissent le public qu’ils veulent toucher. Voltaire écrivait des œuvres pour un large public alors qu’Essai de Montaigne et les Pensées de Pascal s’adressent à un public restreint et instruit qui souhaite réfléchir et débattre. La littérature est donc un art qui ne s’adresse pas à tout le monde. Chaque lecteur lit différents types de livres. Pour finir si la littérature provoque la réflexion et pose des questions sur la condition humaine, elle ne donne pas nécessairement la réponse.Pour conclure, les écrivains peuvent utiliser plusieurs genres et moyens pour traiter la condition de l’Homme. Ils peuvent choisir d’utiliser l’argumentation directe pour défendre un sujet et exposer une thèse ou alors décider de raconter une histoire en utilisant l’argumentation indirecte pour émouvoir et séduire le lecteur. Dans tous les cas quelque soit le genre qu’utilise l’écrivain, il traite des sujets universels comme la mort l’injustice, etc. Grâce à ses œuvres, l’écrivain permet au lecteur de prendre conscience de ce qu’il se passe et de pouvoir former sa propre réflexion à propos de ces faits. Pour finir, l’époque actuelle donne une importance majeure aux images et tendrait à laisser dans l’oubli peu à peu les mots. Pourtant, les mots portent certainement plus à la réflexion que les images.